Salon, Le Vin de mes Amis

Pour mon 2ème salon de la saison, me voilà de nouveau dans un haut lieu du patrimoine parisien, la Maison de l’Amérique latine, un hôtel particulier du XVIIIème siècle. Plafonds hauts, escalier large de 3 mètres, tapis rouge, dorures et maître d’hôtel… Un décor incroyable, non loin du quartier de St Germain.

Plus grand que le salon des vins et des produits du terroir aux Invalides, puisqu’ici ce ne sont pas  8 producteurs mais une bonne cinquantaine, répartis sur deux étages, ce salon garde quand même un côté intimiste, car les vignerons sont installés dans une succession de petits salons, et ne sont donc pas plus de 6 ou 7 par pièce.

Mais, au grand mais… il s’agit d’un salon professionnel… Et pour ma part, j’ai senti la différence ! Pour tout dire, j’ai pris sur moi pour ne pas partir en courant.

Bonjour... je peux déguster ?

Bonjour… je peux déguster ?

Bon, le lieu était certes assez intimidant, mais j’y étais cette fois familière car j’ai eu l’occasion d’y venir plusieurs fois dans le cadre de mon travail. Non, ce qui semble tout bonnement terrorisant, c’est l’expertise de la plupart des  visiteurs. Comment pouvais-je le savoir ? Eh bien, une impression diffuse tout d’abord. Les claques dans le dos des uns et des autres, les retrouvailles, les discussions que l’on devine d’office très amicales. Et puis (une fois inspiré un très grand coup et décidé que, bon sang !, ce serait dommage de repartir si vite), quand on ose enfin s’approcher des stands et tendre son verre, on voit : ainsi, à un stand de Champagne, je me suis retrouvée avec, à ma droite, un monsieur a priori très averti, qui dégustait avec concentration et, à en croire ses petites notes et ses questions, habitude ; à ma gauche, un homme plus jeune, qui semblait être son élève, et qui est resté bien 7 minutes sur le même vin, à le goûter et le regoûter, pour trouver l’arôme que son « mentor » venait de signaler. En face ? Un vigneron, certes très aimable, mais qui n’avait clairement d’yeux que pour ce fin dégustateur. Œnologue ? Négociant ? Journaliste ? Je ne sais pas, mais professionnel du vin, c’est certain. Et, c’est là où je voulais en venir, en conséquence, une difficulté pour moi à oser discuter avec les producteurs.

La liste des producteurs, et mon petit coupon d'entrée

La liste des producteurs, et mon petit coupon d’entrée

Dans ces salons-ci, réservés à 95 % aux restaurateurs, cavistes, sommeliers, les vignerons ont un discours d’emblée très technique. Il ne suffit pas de poser la question du cépage pour susciter un peu leur intérêt… Ça parle dégorgement, ça compare la cuvée 2012 à la 2013 (de mémoire, évidemment) et tout le monde semble se connaître. Quand on est une femme, jeune, et seule, et que l’on entre dans la pièce suivante, difficile d’affronter les regards interrogateurs, sans parler de se glisser discrètement à un stand pour déguster tranquillement…

En conclusion, un salon formidable de par la qualité des vins présentés, mais que j’apprécierai davantage l’année prochaine je pense !

N.B. : Ce n’était pas mon jour je crois bien, puisqu’il y avait également Michel Tolmer, en invité spécial : il dédicaçait le tome 2 de « Mimi, Fifi, Glouglou », fraîchement paru. Et… j’avais oublié de retirer des sous. Bad day je vous dis !

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