Kampai !

Finesse et complexité, bienveillance et douceur, subtilité et délicatesse…

Mais de quel vin nous parle-t-elle ? De quel vigneron est-elle encore tombée sous le charme ?

Haha, bousculons les habitudes, déplaçons notre regard et franchissons les frontières !

Aujourd’hui, il ne s’agira pas de vin. Car, ce vendredi, j’ai eu la chance de participer à un atelier de dégustation de saké. Oui, cet alcool de riz que la plupart d’entre nous ne connaissent que par ce micro verre offert en fin de repas chez des restaurants japonais qui, derrière ce geste commerçant bien sympathique, brouillent complètement la vision que nous pouvons avoir ici de cette boisson… nationale là-bas.

Oui, le saké est au Japonais ce que le vin est au Français.

Et là, premier scoop : un bon saké n’est pas plus alcoolisé qu’un vin !

Le premier que nous dégustons est d’une finesse incroyable, très floral, et ne titre qu’à 9°. Je suis à des milliers de kilomètres du goût et des sensations que j’associais jusque-là au saké. La suite de l’atelier me confirme cela : de la légèreté, de l’aérien presque, dans tous les sakés dégustés, mêmes ceux aux parfums plus prononcés.

L’intérêt de cet atelier, outre d’avoir l’opportunité de déguster des sakés de grande qualité (des « junmai », sans alcool ajouté, très pur), c’est de nous sensibiliser à la température, et au contenant.

De fait, le saké peut se déguster froid, à température ambiante, ou chaud. Cette dernière solution est d’ailleurs réservée aux meilleurs sakés, car elle est réputée réveiller les arômes les plus délicats, que l’on sentira plus facilement car à une température plus proche de celle de notre corps. Le saké chaud a de nombreuses vertus, notamment celle de brûler le gras du plat qu’il accompagne, et donc de faciliter la digestion.

Car, à l’image de notre vin, le saké peut accompagner tout un repas.

Nous sommes d’ailleurs invités à déguster le 3ème saké avec un bout de fromage : détonant !

L’association dynamise le palais, énergise les papilles avant de s’estomper très rapidement. Une sensation éphémère de pep’s en bouche, qui décuple la saveur du fromage, avant de se faire oublier tout aussi vite. Une expérience qui me laisse songeuse… De quoi donner matière à créativité à un Chef…

Nous devons choisir (#instantgirly) pour la coupelle – le shoku – que l’on souhaite : traditionnellement, plus c’est évasé, plus c’est destiné à boire chaud.

C’est alors que nos hôtes nous expliquent que le saké, à l’image du vin, peut certes se déguster seul, pour en ressentir toute la finesse et la complexité, mais est en effet un merveilleux compagnon des repas, en ce sens que c’est un véritable alcool caméléon : il va de façon surprenante s’accorder avec beaucoup de choses très différentes, toujours dans la délicatesse et la pureté. 

En somme, il est plus simple d’être un sommelier spécialisé du saké que du pinard.

3 sakés, 3 températures différentes. Les équilibres sont bouleversés, c’est impressionnant. L’acidité et la « fraîcheur » de chacun des sakés sont paradoxalement rehaussées par la chauffe, ce qui augmente aussi leur longueur en bouche.

Si j’ai eu envie d’écrire quelques lignes suite à cet atelier, c’est autant pour partager ces découvertes sur la véritable nature du saké et sa place dans la culture japonaise, mais aussi pour essayer de revivre le temps de l’écriture la douceur de cette soirée.

Tenues traditionnelles pour nos hôtes, ambiance feutrée, non pas guindée, mais respectueuse, chacun veille à parler à voix basse, les visages semblent à l’écoute, ouverts et… rieurs. Derrière la sophistication liée aux différents rituels et à la qualité des sakés présentés, les différents intervenants, qu’ils soient japonais ou français, font preuve d’un humour fin, toujours surprenant, inattendu.

Je suis une des seules personnes de la salle à ne pas parler japonais, pourtant pas un instant je ne me sens perdue : tout est fait pour que chacun se sente à sa place. De l’échange, de l’attention à l’autre, des regards bienveillants… Kampai !

Et pompom sur la comète, je repars avec un cadeau 🙂 Mon premier shoku ! Dessus la citation d’un maître du saké, qui signifie que les meilleurs, les plus purs à ses yeux, sont justement les sakés « junmai » (enfin, si j’ai bien tout compris).

Merci à la province de Tottori, pour ce très joli shoku, à la galerie L’Embrasser pour ces découvertes et rencontres, à Ai Morimoto pour l’invitation (et les traductions !!), et bien sûr aux différents intervenants, producteurs ou importateur de saké (dont je ne voudrais pas écorcher les noms ici :S).

Une douce parenthèse sur l’Ile Saint-Louis, une très jolie façon de boucler la semaine…

 


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