Des siècles d’histoire vous contemplent… ou une descente dans les caves de la Maison TAITTINGER.

[REPORTAGE+DÉGUSTATION]

Soyons honnêtes, quand l’on visite une maison comme Taittinger, on ne vient pas en espérant une rencontre, une émotion.

On vient pour l’Histoire, pour le lieu, pour l’atmosphère de ces caves qui ont traversé les siècles.

Alors, une fois n’est pas coutume, point d’anecdotes de vie, ou d’histoire avec un petit « h », mais la découverte d’une grande maison*, qui produit près de 6 millions de bouteilles par an.

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Voilà un directeur qui a mal choisi sa période… Ça a pas dû être drôle tous les jours.

Comme les vignerons indépendants, chaque maison a sa philosophie : privilégier le Chardonnay, ne travailler qu’avec des vignerons en culture biologique, représenter la variété du terroir champenois…

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Au plafond, les trous servaient à extraire la craie, qui servait ensuite à la construction de la ville. Et la grille qui ne mène sur rien ? Ce n’est pas de Numérobis, mais l’idée d’un des directeurs successifs, pour conserver et exposer l’un des anciens portails de l’abbaye, qui a elle été détruite.

Chez Taittinger, lors de la visite, on comprend très vite qu’ici, il y a deux mots-clés : le chardonnay, et l’histoire.

Et c’est bien ça qui m’intéressait, au fond, en venant ici : ces fameuses caves, creusées par nos ancêtres les Romains, lors de la construction de la ville de Reims il y a près de 2000 ans.

Ici, on les appelle les « crayères », du fait qu’à l’origine il s’agissait de carrières de craie. Ce n’est que vers les 18ème et 19ème siècles que les négociants en vins de Champagne ont eu l’idée d’y stocker leurs bouteilles, réalisant que les conditions hydrothermiques étaient idéales pour la conservation et le vieillissement du vin.

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Les moines qui ont construit cet escalier n’étaient pas alors équipé d’électricité : au cas où la torche s’éteignait, pour se repérer dans les marches, ils les ont également gravées au plafond ! Il suffisait de garder la main en l’air pour ne pas se casser la binette. Et de ne pas être un nain. Sinon, petit jeu : avez-vous vu le graffiti d’époque sur cette photo ?

Imaginez seulement… Ces caves ont vu des hommes en toge et en armures, elles ont peut-être accueilli le cousin d’Astérix, ont assisté à la fin d’une époque, et le début de tant d’autres…

Des moines se sont réappropriés les lieux vers le Moyen-âge, puis ça a été les débuts du champagne, et les recherches sur ce vin pétillant dont on ne comprenait au départ pas grand chose… Ces murs ont dû en voir, des bouteilles explosées, des apprentis-chimistes-oenologues en pleine crise de nerf !

Et que dire des deux Guerres mondiales ? À quelques kilomètres du front pour la première, les caves ont servi plus d’une fois de refuge pour les Rémois. Pour la seconde, la région a très vite été sous occupation allemande. Qu’ont donc vu ces murs, quels gestes d’entraide, quelles souffrances, quelles peurs ont-ils abritées ?

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Historiquement, c’est la fameuse cuvée du Comte de Champagne qui vieillit dans ces caves. Le reste de la production mâture dans un autre site plus grand, au coeur de Reims.

Si vous venez en Champagne, VOUS NE POUVEZ PAS ne pas rendre visite à un vigneron indépendant, qui vous recevra à sa façon, vous expliquera son travail, vous montrera peut-être ses vignes, vous fera déguster son champagne et, très probablement, vous racontera son histoire, et celle de sa famille. Il cherchera à vous convaincre que le champagne est le vin le plus sophistiqué et, en bon français, sera ravi d’un bon débat sur les différents vins de France.

Mais il est bon aussi de s’imprégner de ces siècles d’histoires, et de comprendre les apports successifs des générations qui ont fait du champagne le vin des rois… et le roi des vins.

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Après être descendu progressivement, on remonte les 28 mètres de profondeur d’un coup. #fitness #méritetaflûte


Et la dégustation ? J’ai eu la chance de déguster des champagnes très différents de la gamme :

  • Brut Réserve
  • Millésime 2009
  • Les Folies de la Marquetterie (base 2013)
  • Comte de Champagne 2006

Eh bien, un seul vrai coup de coeur, la cuvée parcellaire « Les Folies de la Marquetterie », qui est à 50/50 Pinot noir et Chardonnay, et dont 15 % est vieilli en fûts de chêne.


Envie de préparer une petite visite en Champagne ? Voici le lien pour le site Internet de la maison Taittinger, à moins d’une heure en TGV depuis Paris…

Envie de coupler avec une visite de vigneron indépendant ? Partez pour la Côte des blancs, et découvrez le champagne Vauversin !

 


*Est appelée maison de champagne, une structure qui produit son champagne, mais qui achète plus de 5 % des raisins dont elle a besoin. Bien souvent, une maison a donc des parcelles de vigne, mais elles ne suffisent pas. Par exemple, chez Taittinger, 290 hectares sont cultivés directement par la maison (principalement en Côte des blancs), mais ça ne correspond qu’à la moitié des raisins nécessaires pour la production totale de la structure.

 

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