Champagne Pannier, ou la valse des bouteilles

[Reportage]

Avec quelques amis passionnés nous avons bénéficié de la visite très privée de la Maison Pannier, par le chef de caves en personne, Philippe Dupuis.

Dire que cette visite donne le tournis serait un euphémisme.

Mais reprenons depuis le début.

Pannier c’est avant tout une maison très ancienne fondée en 1899 à Dizy. Aujourd’hui c’est une coopérative installée à Château-Thierry. Il y a les champagnes des adhérents de la coopérative, et ceux produits sous la marque Pannier*.

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Une logistique impressionnante, de la mise en bouteille – où tout est contrôlé par informatique – à la gestion des stocks. Sans oublier les caves, qui datent ici du XIIème siècle.

Mais paradoxalement, malgré une échelle de grandeur qui peut vite donner le vertige, je n’ai pas le sentiment d’être chez un « géant ». Notre hôte de la matinée nous laisse tout voir, répond à toutes nos questions, et est fier du travail qu’il fait depuis 34 ans dans cette entreprise qui a bien grossi… Je passe la visite à osciller du témoignage d’un véritable artisan, qui nous parle du pourcentage de Pinot Noir qu’il utilise dans telle ou telle cuvée, qui est capable de nous retracer la météo de l’été 2011 (#attentiongrostabou) presque jour par jour, et qui, en même temps, joue avec des volumes de monstre…

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« Faire du bon vin, c’est comme éduquer ses enfants, il faut réussir à enlever l’affectif… Soit vous les surestimez, soit vous les sous-estimez ».

Aux questions sur son métier, Philippe Dupuis nous décortique la typologie en 3 dimensions des réalités que couvre aujourd’hui le titre prestigieux de « chef de cave ». De l’oenologue communicant à l’expert en vinification, il y a toute une palette de compétences très variées… Et des mathématiques.

Car, quand on gère les flux et les assemblages de plus de 450 adhérents, avec à la clé près de 200 champagnes différents, on a intérêt à maîtriser sa règle de trois et ses ratios.

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De la logistique, de la sécurité… et du confort, dans cette coopérative où tout reste finalement à taille humaine. #vueduciel

L’achat des raisins en amont est donc un enjeu essentiel, c’est le rôle du « responsable vignoble » : un choix qualitatif mais aussi un grand travail de relationnel, pour pérenniser les liens avec les vignerons.

Mais finalement le coeur de métier d’une coopérative c’est la vinification. Et ça se sent : ici, le geste artisan est valorisé et transmis au fil des décennies et des cuvées… Près de 200 000 cols sont toujours remués à la main, on utilise de la saumure et non du glycol pour le dégorgement de toutes les bouteilles, et on continue de faire du rosé de saignée.

Car « le caractère vineux des Champagnes est primordial chez Pannier** ». Eh bien, quand authenticité peut rimer avec industrie, ça pétille élégamment.

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Une bonne visite se termine toujours par une dégustation… Article à venir sur le fameux « rosé de saignée » de chez Pannier, le Rosé Velours. 😉

Merci S. pour cette invitation.


N.B. : Pour voir la « valse des bouteilles » chez Pannier, rendez-vous sur mon profil Instagram : ma_route_du_vin

Plus d’information sur la Maison Pannier : cliquez ici.


*Il y a donc le champagne des adhérents (travail collaboratif entre la COVAMA et les vignerons), la marque Pannier (COVAMA), et deux autres marques (Jacquart et Montaudon), issues d’un regroupement de 3 coopératives (Alliance Champagne : COVAMA, Union auboise et COGEVI). #cesttoutsimple

**Traduisez « chez Pannier, on ne fait pas de la flotte avec de la bulle »…

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