Une virée à Cadillac – Bordeaux #day2

Aujourd’hui, cap pour St Maixant. À 40 minutes de Bordeaux (quand on ne loupe pas sa sortie d’autoroute #grosbugdevantlespaysages), ce village est au coeur de l’appellation Cadillac. J’ai rendez-vous avec Elsa Ménard, du Château Mémoires rencontrée il y a quelques mois, sur la Péniche Maxim’s, au pied de la Tour Eiffel (vous, savez, à côté du stand de foie gras, ce mini salon dont j’ai fait le récit ici).

Enfin arrivée, j’ai le souffle coupée par le cadre, grandiose et bucolique à la fois. Des vignes à perte de vue, de la pinède, un vieux moulin… et un soleil presque estival en ce 5 avril, qui vient ajouter un degré de plus à mon excitation.

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Elsa m’accueille avec le même sourire qu’en décembre et m’embarque illico pour visiter l’exploitation : quelques mots sur les vignes alentours, la maison familiale, l’entrepôt des « matières sèches » où les bouteilles attendent gentiment d’être étiquetées puis expédiées, puis la cuverie, sur deux niveaux, avec également à l’entrée de celle-ci le pressoir et l’errafleuse.

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J’ai droit à une petite démonstration 🙂

Puis, retour dans la salle de dégustation pour découvrir toute la gamme, dont une grande partie primeurs. On commence par les blancs secs, Sauvignon et Sémillon, deux 2015, un de 2014, Le Fleur d’Opale (le 2015 est encore en fût de chêne). Jusqu’ici, c’est très agréable, les blancs étant beaucoup simples à déguster à cette période de l’année que les rouges… Elsa m’explique d’ailleurs que 2015 a été une super année pour le Sémillon, avec un équilibre exceptionnel de maturité et d’acidité. De fait, je me régale.

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Une décoration presque militante par les temps qui courent

Puis on passe aux rouges : le Bordeaux (80 % de Merlot) est encore un peu râpeux en bouche, je retrouve les sensations de la journée d’hier, avec ici, une présence du fruit quand même bien marquée, et un palais frais… Je devine une jolie structure, mais c’est encore difficile de se prononcer pour moi. Vient ensuite le Baie d’Améthyste (assemblage Cabernet Sauvignon et Malbec), pour le coup déjà très accessible je trouve : des arômes épicés, de fruits noirs très mûrs, encore dur en bouche, mais avec une certaine gourmandise. Et enfin, le fameux Enchanteur (dont la petite histoire vaut le détour). On retrouve immédiatement la puissance du Malbec, avec son parfum de réglisse, son nez très épicé, et, pour le 2015, encore très boisé. En bouche, c’est tannique, mais pas que : une structure un peu imposante, mais que je savoure de plus en plus, et qui me rappelle immédiatement ma dégustation de cet hiver. Cette cuvée, quelque soit le millésime, a une personnalité immédiatement identifiable.

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Enfin, les liquoreux : seules les plus vieilles vignes (certaines ont plus de 100 ans !) sont utilisées, et les vendanges sont uniquement faites à la main. Je déguste le Cadillac 2013 (Sémillon, Sauvignon et un chouilla de Muscadelle) : un délice. Un vin doux, certes, avec donc un fruité incroyable, mais une sucrosité maîtrisée, relevée par une pointe d’acidité et de minéralité qui vient « tenir » l’ensemble.

On termine par la dégustation d’une petite pépite, sans mauvais jeu de mots puisque la cuvée s’appelle « L’Or » : une cuvée unique, issue d’une parcelle située dans l’appellation voisine, Loupiac. Rien qu’à la vue, les papilles sont excitées. Une robe caramel pour ce vin qu’Elsa me sert religieusement, et qui a eu droit à un élevage bien plus long, près de 40 mois en fût de chêne. Cuvée unique car jamais reproduite depuis, une « sélection de la sélection » des meilleures raisins de l’année 2001. Quand je demande ce qu’elle a eu de si exceptionnelle, cette année 2001, Elsa n’hésite pas une seconde : « Une vraie belle année, avec une récolte magnifique. Des températures comme il fallait, et des saisons franches : par exemple un été chaud mais aux nuits fraîches. C’était incroyable la qualité des fruits. » Au nez puis en bouche, je ne suis pas déçue. Chaque goutte sublime la précédente, le palais est tapissée d’une palette aromatique puissante, complexe et gourmande, avec des arômes de miel, de caramel toujours, de fleurs blanches…

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Après avoir ainsi réveillé mes sens, Elsa m’emmène au village voisin, Verdelais, pour déjeuner. C’est dans un lieu d’une authenticité folle qu’elle a réservé : le café et l’épicerie du village, qui fait aussi office de bistrot, avec quelques tables coincées entre la presse et les légumes. Un plat du jour à la carte, canard aux olives, et bien entendu, les vins du Château Mémoires.

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Un accueil simple mais passionné, un patron qui sait ce qu’il veut, un déjeuner que l’on pourrait prolonger des heures.

En sortant, avant de reprendre la route, Elsa me propose une micro balade dans le cimetière mitoyen, où Toulouse-Lautrec est enterré. Recueillement et vue pleine de charme sur le clocher…

16h, c’est l’heure de rentrer sur Paris. 6h de voiture m’attendent, mais mon sourire ne faiblit pas. Les images de ces dernières 48h se bousculent. Des sourires aux dents noirs, des professionnels passionnés, des histoires de famille qui se terminent bien, des paysages fabuleux, une parenthèse enchantée.

Mille mercis Elsa pour ces quelques heures de partage.

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La porte des toilettes du Château Mémoires… Déco militante j’vous dit !


Le Château Mémoires c’est ici

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