Vous allez bien dégorger ?

[REPORTAGE]

Le weekend dernier, j’ai dégorgé.

Bon, dit comme ça, ce n’est pas très sexy. Ça peut même sembler légèrement dégueu, si on ne pige pas de quoi je parle. Que ceux qui commencent à angoisser et qui s’imaginent que je vais vous raconter ma dernière gastro se rassurent : il s’agit bien d’un article sur le vin. Sur le champagne, même.

Explications.

Le dégorgement, c’est cette étape pendant laquelle on enlève le dépôt contenu dans la bouteille, après plusieurs mois en cave. Vous savez, ces fameuses « lies » issues des levures qui ont permis dans un premier temps de créer la « prise de mousse » en bouteille, puis, une fois morte (#vismaviedelevure), forment ce dépôt dans la bouteille, et développent les arômes propres au champagne.

Et puis, quand on estime que nos bubulles sont fines, que le goût est élégant, touçatoutça, il est temps d’enlever ce dépôt de la bouteille. On commence alors par faire tomber les lies dans le col de la bouteille (#remuage*), comme ça y’a plus qu’à ouvrir, et faire couler ce joli dépôt.

Sauf que… Sauf que, comment dire, il y a un peu de pression dans votre bouteille. Et donc, va falloir s’accrocher.

Au village de Hautvillers, la Maison Desruets propose un atelier « dégorgement », pour initier tous les curieux à cette gestuelle technique, ancestrale et… impressionnante.

Reportage en images :

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Le plus vieux pressoir de Champagne, encore en activité : 8 à 10 heures sont nécessaires pour presser 4000 kg de raisin. Le pressoir est abreuvé tous les soirs pendant 1 mois, avant les vendanges, pour regonfler le bois après un an de repos.

 

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Une « bébé cuverie » pour cette maison et surtout un minuscule chai, installé par le fils actuel, pour de nouveaux champagnes avec un élevage en partie en fût de chêne, pas encore prêts à être dégustés…

 

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La Maison Desruets, fondée en 1888, dispose d’un peu moins de 3 hectares et produit près de 25 000 bouteilles par an. Aujourd’hui, c’est la 6ème génération qui tient les rênes. Ici, pas d’œnologues pour les décisions d’assemblage : une simple réunion familiale, avec les employés de la maison.

 

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Aujourd’hui, la Maison fait appel à un prestataire pour dégorger ses bouteilles : 8000 cols par jour, contre 500 « à la volée ». #viveleprogrès

 

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Ce qui reste dans la guérite une fois le dépôt expulsé : la capsule avec éventuellement encore quelques lies, et le bidule #motsduvin

 

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Après le dégorgement, on ajoute la liqueur de dosage, on nettoie sa bouteille, et on « l’habille », avec la collerette, et son étiquette, personnalisée : la 1ère cuvée « Ma Route du vin » est née !

Non seulement on a fait une super visite, avant l’atelier, mais en plus, on est repartis avec notre petite bouteille, dégorgée par nos soins.

Alors, qui veut dégorger ?

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#soproud


*Quelques explications supplémentaires sur dégorgement et remuage dans l’article sur Laurent Vauversin, ici.

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