Récit d’une échappée bourguignonne.

DSC06849

[REPORTAGE]
À l’occasion d’un weekend de trois jours, j’ai décidé d’aller explorer le vignoble de Bourgogne, que je connais très mal.
Le but du weekend était aussi de se reposer, de passer du temps avec Monsieur, et de reprendre un peu de forces dans un été sans congés.
Aussi ce n’est ici qu’une petite mise en bouche, avant de revenir explorer ce vignoble incroyable plus intensément…

Récit de nos visites et dégustations.
JOUR 1
DSC06805
  • Visite des caves PATRIARCHE, sises au cœur de Beaune.
Parfait pour une première initiation sur le vignoble et les vins de Bourgogne : une visite libre, agrémentée de courts films présentant la maison et la région. Vous déambulez entre les immenses foudres de chênes, dans les 5km de caves, dont certaines datent du 13ème siècle (!), avant de passer à la dégustation, également libre : les bouteilles sont à votre disposition, à vous de choisir celles que vous souhaitez découvrir. Un sommelier n’est pas loin pour vous conseiller, ou si vous ne vous sentez pas de déguster la presque dizaine de vins proposés et que vous préférez faire des choix…
DSC06778

Avant de descendre en cave, nous traversons un chai, puis l’ancienne église du couvent des Visitandines. avec à l’esprit ce dicton, inscrit sur un fût : « Août mûrit, septembre vendange. En deux mois tout s’arrange » #vraimenttout? #youpi

Patriarche, c’est avant tout une maison de négoce, très ancienne (1780), et qui a eu progressivement accès, avec le temps, à de très belles appellations de la Bourgogne. Dans un même lieu, vous avez donc la possibilité de déguster une très large gamme de vins, de 5€ la bouteille à…. quelques milliers.
DSC06781

Que j’aime ces descentes en cave… L’entrée dans l’antre des secrets, là où tout se joue, là où tout se transforme. (#amesensible)

Quand je dis que cette visite est idéale pour une première approche, c’est qu’on y apprend vraiment la base.

Résumé de la structure du vignoble bourguignon, by myself :
Les différents coteaux de Bourgogne s’appellent des climats, et il y en a 540 (#bigpuzzle #vafalloirrevenir).
La région est ensuite divisée en 5 vignobles, du Nord au Sud : Chablis / Côte de Nuits / Côte de Beaune / Côte Chalonnaise / Mâconnais.
Et enfin (oui, je suis très scolaire, j’aime que les choses soient claires sinon je pige pas…), pour comprendre les prix différences de prestige, vous avez différentes appellations au sein de ces vignobles : Régionale (52 %) / Communales (36 %) / Premiers Crus (10 %) / Grands Crus (2 %).

Et pour ceux qui seraient vraiment débutants, petit rappel des cépages de Bourgogne : en rouge, une écrasante majorité de Pinot noir (et un peu de Gamay et de César), et en blanc, essentiellement du Chardonnay (et un chouilla d’Aligoté et de Sauvignon, si je ne m’abuse).


DSC06800

Suite à notre visite, nous avons l’immense chance d’être invités pour une dégustation privée dans un caveau particulier… Au premier round vient un Premier Cru de Meursault Les Charmes (« Vous n’avez rien de gênant dans un Meursault »… dixit notre sommelier), et nous terminons par un Grand Cru, de Chapelle-Chambertin. J’ai un vrai coup de cœur pour le Puligny-Montrachet, également pour le Echeveaux, et enfin, oui, aussi pour le dernier, le fameux Grand Cru… (#fallaitcracher?)

DSC06809

Un super conseil ? Faire la « Voie des vignes » en vélo, qui part du centre de Beaune et relie de nombreux villages de la Côte de Beaune : Pommard, Volnay, Puligny, Meursault… Une piste cyclable complètement aménagée, avec presque pas de montées (#payetoncuissot) et au coeur des vignes.

 

  • Visite du Château POMMARD, à… Pommard.
DSC06845
Après une première partie de visite « libre » dans la cour du Château, les anciennes cuisines, et le musée des outils anciens, Delphine, notre guide-rien-que-pour-nous nous emmène au cœur du Clos du château, planté en Pinot Noir.
Elle nous raconte l’histoire de la maison, qui a vu 5 familles successives reprendre le flambeau.
Aujourd’hui c’est un américain amoureux de la Bourgogne, Michael Baum, qui est à la tête du château, avec en bras droit le maître de chai, Emmanuel Sala, dont la philosophie se résume en une formule : « Toujours sublimer un millésime« .
DSC06816

Kesako ? Un très vieux pressoir, pardi ! Genre le truc du 18ème siècle, qui en impose quoi.

De jolis projets pour le domaine, et notamment celui de travailler les 20 hectares qui forment le Clos non plus seulement en bio, mais en biodynamie. Le premier millésime issu de cette transition est attendu pour 2018.
DSC06822

J’apprécie l’insistance que notre guide donne aux terroirs, et à la diversité des sols des différentes parcelles du Clos. Chacune a son petit nom, son histoire et son rôle dans l’assemblage : Nadine pour le volume, Grand Champ pour la structure, Les Paules pour le fruité, la chaire du vin, Chantrerie pour l’esprit, et enfin Simone, pour l’âme…

À l’exception de la Cuvée Simone, qui ne représente que 300 magnums par an et qui est une cuvée microparcellaire, les vins du Château Pommard sont toujours un assemblage des différentes parcelles.
DSC06833

Les caves du château s’étendent sur 800 mètres, il y fait frais, bien sûr, et on déambule, en rêvant aux futurs vins qui s’y reposent…


Notes de dégustation :

1) Meursault 2011 : normalement les Meursault sont des vins très tendus, minéraux. Ici on sent un élevage en fût, qui vient presque tendrement amener de la rondeur (#cétipabo), du fruité. Un bel équilibre en bouche.
2) Gevrey-Chambertin 2012 : un nez très gourmand, de la confiture de fraise ? « Emmanuel ne veut pas torturer les baies« . Un vin tout en douceur.
3) Pommard 2011, cuvée « Pommard Clos du Château » : très boisé, épicé aussi au nez, délicat en bouche, suave… Du tannin, mais velouté. Belle sensation de fraîcheur en finale.
4) Grand vin 2012 (Pas eu le temps d’écrire)
5) Cuvée Simone 2011 : plus que délicat… subtil, aérien !
6) Marc : incroyablement équilibré, gourmand, généreux, sans être écoeurant ou trop « inflammant » !

DSC06817

Une devise que l’on aurait envie de faire sienne… (#inspiration #bienvu)

Jour 2
  • Visite Château Chassagne-Montrachet

Ici, on entre dans une propriété familiale depuis 1997, rachetée par la famille Picard, qui était elle déjà dans le négoce du vin depuis les années 1950. Au total, la famille possède 135 hectares en Bourgogne, mais, ici au château, on ne gère « que » les 35 hectares situés en Côtes de Beaune.

Du coup, malgré un nom qui « pèse », on a très vite le sentiment de retrouver un artisanat, une sensation de maison…

DSC06858

La visite commence face à la cuverie, où très vite on sent la patte artistique de la famille, l’envie d’ouvrir un peu le monde du vin à d’autres sphères…

 

Aujourd’hui c’est Francine, l’une des petites-filles de Michel Picard (74 ans aujourd’hui), qui a les commandes. À en croire Claire, notre nouvelle hôtesse-rien-que-pour-nous (#feellikeaprincess), Francine est vraiment parvenue à donner une impulsion depuis son arrivée : la conversion en biodynamie du domaine, amorcée depuis 2010, le développement de l’oenotourisme, et la création d’une nouvelle marque pour ces cuvées « chouchoutées » : Au Pied du Mont chauve (attention, explication étymologique : Montrachet < le Mont-Rachet < le mont pelé = le mont chauve, où rien de pousse si ce n’est de la vigne ! #CQFD).
DSC06867

Ici, les caves datent du 11ème et 13ème siècle. Après des vendanges exclusivement à la main, les vins fermentent et vieillissent en fûts pendant minimum 10 mois. La touche féminine se retrouve dans ce choix de cerclage coloré pour les fûts. À chaque couleur correspond une année. Une idée que l’on retrouve chez toutes les viticultrices de l’association : Femmes et vin de Bourgogne.

Mais après la cave, surprise ! La visite est loin d’être terminée : nous traversons un caveau de réception, privatisable pour des mariages ou des séminaires, puis une salle d’exposition où tous les mois un artiste local est exposé, et enfin, Claire nous emmène dans la partie « Pavillon d’hôtes », où cinq chambres sont proposées en location, pour être le châtelain des lieux le temps d’une nuit. Un endroit extraordinaire, très intime et personnalisé, où l’on sent que tout est pensé pour que les hôtes n’aient plus jamais envie de repartir (mention spéciale au verre de vin offert à l’arrivée et à la sélection de whisky, à la disposition totale des locataires, dans la salle de billard #idéecadeau #mercimonchéri #lanuitpaslebillard). Et l’on termine par la dégustation des vins du domaine, dans le caveau de dégustation.

Notes de dégustation :
Pour les blancs :
– Saint Aubin 1er Cru 2012, cuvée Pitangerets : nez extra, attaque plutôt généreuse, du pep’s et une belle longueur.
– Chassage 1er Cru 2012 : issu d’une parcelle à 5 mètres du précédent, ici nommée « Les Vergers », mais un vin qui n’a rien à voir !
– Puligny-Montrachet 2013, cuvée La Garennes: nez fumé, toasté, avec un joli contraste entre la robe – très pâle – et le nez – très puissant. La bouche est cohérente, une belle structure.
Et en rouge :

– Chassage 2011 « Les Chaumes » : du cassis au nez, du velours en bouche…


DSC06856

L’idée, en Bourgogne, c’est aussi de s’arrêter au hasard de votre chemin pour tenter de nouvelles dégustations, et rencontrer des locaux. C’est pas désagréable.

DSC06853
Bon, et puisqu’il n’y a pas que le vin dans la vie, n’oubliez pas de vous promener dans la vieille ville de Beaune, de faire le tour des anciens remparts, et surtout de visiter les célèbres Hospices.
DSC06819

À Pommard, l’art se développe même sur les foudres de chêne. Ou comment expliquer on ne peut plus clairement le plaisir du vin.

Pas besoin de vous faire un dessin, j’ai adoré ces quelques jours en Bourgogne… et je brûle d’impatience d’y revenir.

Un immense merci à Karine, pour ses conseils avisés et son invitation, mais également à Delphine et Claire, qui nous ont ouvert les portes de leurs « châteaux ».

 


Sites internet et liens :

N.B. : la nuit ici c’est 275€, petit-déjeuner compris, avec l’accès à tous les espaces, ainsi qu’une visite privée des caves et une dégustation des vins du château.

LE site parfait pour préparer votre séjour : Welovebourgogne (suivez-les sur Instagram, ils sont formidables !).

Et pour louer des vélos, je vous recommande les sourires et les bécanes de Bourgogne randonnées.


 

2 Responses to “Récit d’une échappée bourguignonne.

  • DELALANDE Delphine
    9 mois ago

    Merci pour votre visite au Château de Pommard et vos commentaires, c’était un grand plaisir de vous recevoir et de vous faire découvrir le Clos, son histoire et ses vins.

    En espérant vous croiser à nouveau sur les « routes du Vin ».

    Delphine DELALANDE

    • Merci encore Delphine pour votre accueil. Nous n’avons pas (encore) fait les visites recommandées, mais elles sont précieusement notées dans mon calepin 😉

Une question ? Un avis, une remarque sur cet article ? C'est ici !