Ode à l’amour chez Rouge-Garance

Rouge-Garance, c’est une histoire d’amour.

Entre Claudie et Bertrand Cortellini, qui fêtent cette année leur 20ème millésime.

Ils se sont rencontrés l’été 1973, ils ne se sont pas séparés depuis.

Elle était d’Uzès, et avaient des parents polyculteurs. Il était suisse, et commençait une formation dans une imprimerie.
Ils ont reçu 5 hectares de vigne des parents de Claudie, et ont eu la possibilité d’en récupérer 10 autres, en fermage. La moitié appartenait à Jean-Louis Trintignant, homme de la région et grand ami de la famille. Il leur a confié le soin de ses parcelles. Le domaine s’est créé.

« Vigneron, c’est un métier où tu doutes beaucoup… Il faut beaucoup d’humilité ».

Ma relation avec les Cortellini est un peu particulière : j’ai d’abord eu l’occasion de rencontrer leur fille cadette, Camille, dans une autre vie, dans des bureaux parisiens…

Camille, c’est la douceur et le rire. Tout en discrétion mais en générosité, elle m’a parlé de sa famille, de sa région, qu’elle aime profondément. Elle avait organisé un déjeuner avec Bertrand, il y a un peu plus d’un an, et m’avait ainsi, sans le savoir, ouvert plus d’une porte.

Une coupure de presse qui raconte joliment leur histoire, leurs rêves… Un article de 2009, loin d’être périmé 🙂

Bertrand fait partie de ces hommes devant lesquels on craint de vieillir : avec ses cheveux argentés et son teint mat, on se sent vite un peu terne. Un physique d’acteur hollywoodien croisé avec un businessman de Genève, très charismatique. Mais point de crispation, il parvient à vous mettre à l’aise, avec simplicité et élégance.

Claudie, c’est la brune toute en douceur… du moins c’est ce que je me dis, au premier abord. Car au fil de cette soirée que nous passons ensemble, je réalise que cette posture un peu en retrait, légèrement effacée, c’est surtout une posture d’observation. Très vite, une fois les masques de la présentation un peu formelle tombés, je me surprends de la voir s’emporter, et affirmer plus que haut et fort ses envies, ses regrets et son opinion.

Et c’est tout le bonheur d’un dîner avec Bertrand et Claudie : pas de langue de bois ici, on refait le monde avec franchise, humour et vigueur.

« Je crois que le bonheur naît aux hommes là où l’on trouve de bons vins » Léonard de Vinci

Ils sont conscients des sacrifices – notamment dans leur vie de famille – que cette vie de vigneron leur a imposé. Mais ils ont, encore et toujours, cette flamme : « C’est le seul métier de l’agriculture où tu bouges autant… Et puis, ce qui est incroyable, c’est la diversité du métier. On est libres… »

Un couple engagé, que ce soit dans la défense de leurs vins ou leur citoyenneté. On se connaît à peine, et pourtant, je me sens à la fois en famille, entre amis… juste bien.

Les étiquettes sont signées Enki Bilal, un autre ami de la famille.

Et puis, détail qui n’en est pas un : leurs vins sont bons. Que ce soit les cuvées 2015 ou les 2016 encore en cuve, je me régale, surtout avec les rouges. Les Syrah et Grenache sont à la fois plein de caractère, mais sur la gourmandise, la souplesse. Et, cerise sur le gâteau, à très bons prix : de 6 à 12€, pour des vins bio. En effet, depuis le tout début, ils ont eu cette volonté d’être en bio « pour notre santé à nous d’abord ».

Et eux aussi sont membres du groupe des « Toqués des dentelles » (dont je parlais ICI), et revendiquent vouloir « faire du vin de paysan », au sens le plus noble du terme.

Des projets, ils en ont plein. Et notamment ce gîte, en construction quand je débarque, et sur lequel Claudie hésite encore pour la couleur du crépi. Ou ce futur camping-car, pour explorer d’autres horizons…

Amour, quand tu nous tiens…


  • Rendez-vous au domaine pour leurs Portes ouvertes le 10 juin, avec groupe de musique, restauration et bien sûr dégustation ! Toutes les infos sur leur site Internet.
  • Pour lire leur portrait drôlement réussi par Samuel Benchetrit dans Libération, petit clic ICI.

 

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