MAS FABREGOUS, ou le retour aux sources

C’était il y a 2 ans, et je ne connaissais rien au vin. 

Une soirée d’été, l’envie d’acheter du vin en direct chez le producteur, et pffffuiiit, me voilà quelques heures plus tard à partager des tomates farcies avec ce couple de vignerons que je ne connais pas.

Annick et Philippe, du Mas Fabregous.
Une rencontre comme on en fait peu : improvisée, inattendue, heureuse.

Un échange, un vrai, où des choses sont dites et d’autres simplement ressenties.

Il me fallait revenir.

On est à Soubès, petit village des Terrasses du Larzac, au coeur de l’Hérault.

Je tombe mal : Philippe vient tout juste de se faire plâtrer la cheville, suite à une chute de cheval.

Pour cet hyperactif, être immobilisé c’est déjà toute une affaire, mais nous sommes en plus en plein débourrement précoce de la vigne (les bourgeons sont lààààà) et il y a urgence à s’activer dans les parcelles…

Autant dire que, quand j’arrive, Annick a vite fait de me faire comprendre que l’ambiance n’est pas à la fête. Gloups.

Nous partons donc toutes les deux, visiter le domaine dont je n’avais finalement vu que la terrasse de la maison familiale.

J’avais déjà deviné qu’ici on ne faisait pas les choses à moitié.

Mon intuition se confirme : la cuverie est gigantesque. Quand il a décidé de ne plus travailler avec la coopérative et de faire ses propres vins, Philippe a construit lui-même ce bâtiment aux volumes déments. Tout y est pensé pour être gravitaire, et utiliser le moins possible les pompes.

On déguste en direct des cuves, tout en entamant 36 discussions.
Annick a l’accent du Midi, et glisse des mots de patois sans même s’en rendre compte : « Tu peux escamper hein ». Bah oui, bien sûr.

On se connaît à peine et on a le sentiment de se retrouver.
On enchaîne les sujets tout en partant pour un tour des vignes.


On traverse le village, Annick me montre la maison où Philippe a grandi, puis la sienne.

Une enfance à quelques mètres l’un de l’autre, mais six années qui les séparent… Un amour secret, une première vie chacun de son côté, pour finalement se retrouver… se trouver.

Une histoire à la fois terrible et magique, qu’Annick me confie avec toute sa franchise et son regard si clair. Car le parcours a été jalonné d’épreuves.

« Heureusement que c‘est un éternel optimiste », me répètera-t-elle plusieurs fois.

Elle qui est passionnée d’équitation, et qui avait juré qu’elle ne travaillerait jamais dans le vignoble, se retrouve à me faire une visite digne des plus grands passionnés.

Cette parcelle géante, entièrement défrichée par Philippe, donne naissance à la cuvée « Sentier botanique ».

J’appréhendais de revenir. 

La crainte de gâcher un souvenir, de ne pas retrouver cette jolie sensation de complicité et de compréhension mutuelle d’une soirée hors du temps.

L’une des cuvées star du domaine, sur le croquant et la fraîcheur, si caractéristique de ce terroir du Larzac.

Aujourd’hui, je sais que je reviendrai… régulièrement.

Comme quoi, il faut savoir dépasser sa peur, et suivre son intuition.

L’année prochaine commencera une nouvelle étape pour le Mas Fabregous : la conversion en bio.

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