Luxury is a remedy ! #ChampagneCharlesHeidsieck

Avec une bande de copains doux-dingues de champagne (#jesuisbienentourée), nous avons eu le privilège d’être accueillis chez Charles Heidsieck.

« Privilège », car la maison n’ouvre ses portes que sur invitation.

On était tout fou-fous, mais il fallait se tenir. Ici, on joue dans la Cour des Grands. Ou plutôt, celle du luxe. Champagne oblige ? Pas nécessairement. Plutôt ici l’histoire et la « philosophie » de la maison, qui rappellent qu’on ne clame pas trop fort son enthousiasme.

Une maison historique, de fait, puisqu’elle puise ses origines en 1785, quand un riche drapier allemand épouse une champenoise. De leur deux fils, l’un aura la drôle d’idée de tomber amoureux d’une catholique. D’où une scission et l’existence de deux champagnes HEIDSIECK : Charles et Piper. Hop, on avance dans le temps (presque 2 siècles), et les deux maisons cousines sont réunies suite au rachat par Rémy Cointreau puis il y a quelques années par le groupe EPI (famille Descours) *.

Aujourd’hui, si elles ne nient pas leur parenté, chacune a son identité : à Piper la fraîcheur et le plaisir immédiat, à Charles le charme du temps, et la rareté. Vous l’avez compris, Charles s’est positionné luxe, et pas n’importe lequel, « le luxe à la française ».

Et prononcés par notre hôte, Sophie, ces quelques mots font juste fantasmer. « Il faut que ce soit bon. Et beau ».

Sophie connaît son sujet et nous envoie du rêve. Elle raconte cette histoire comme si elle y était, et je suis prête à parier que l’on a tous poussé un soupir de bonheur en apprenant la formidable épopée de Charles-Camille Heidsieck aux Etats-Unis : « il avait cette intuition qu’il pouvait y faire des affaires ».

Pour comprendre d’où elle puise son engouement pour le personnage, j’ai depuis suivi son conseil et regardé le film Champagne Charlie, de Allan Eastman. Je recommande chaudement, tant pour découvrir un peu l’histoire du champagne au sens large, que pour la bouille de Hugh Grant tout jeunot (ça date de 1989 !), dans le rôle de Charles-Camille. Un bon film d’époque, une histoire d’amour en pleine guerre de sécession, le petit côté franchouillard en plus !

Suite à cet accueil qui nous met bien en condition, c’est parti pour l’exercice de fitness préféré des champenois : la descente en cave.

Une belle volée de marches, pour descendre à -30 mètres sous terre. Là, pas besoin de grands discours, le charme opère de lui-même…

L’entrée officielle du trésor. #apparencestrompeuses

On est ici sous Reims, où la maison possède 47 crayères, toutes creusées par les Romains il y a près de 2000 ans, et achetées une à une par Charles-Camille Heidsieck dans la 2ème moitié du XIXème siècle.

8 km de galeries relient ces grottes. On ne parcourt pas tout, mais on fait une très jolie promenade.

L’occasion d’essayer d’en savoir un peu plus aussi sur le vignoble de « Charly » : tout petit, au regard des besoins.

Traduction : la maison achète 90 % de ses raisins.

Et le bio ? « On n’est pas suicidaire » me répond Sophie en riant. Dommage, jusque-là le discours marketing était drôlement bien rôdé.

Bon, le vrai effort, c’est la remontée. Ça tombe bien, la dégustation suit juste après 😉

Et, sans mentir, ça valait le coup de se tenir pendant les quasi 2h de visite.

Une dégustation de haute-volée, qui commence par le rosé de la gamme, « la touche de fraîcheur ».

On aperçoit alors le chef de cave, Cyril Brun, encore tout balâââde et qui nous recommande en riant de ne pas oublier de prendre des vitamines, et surtout nos « 5 fruits et légumes par jour », avec un clin d’œil vers les bouteilles prêtes à être débouchées.

Suit alors le standard de la maison, le BSA (Brut Sans Année) qui me fait une très forte impression.

« Là on est dans le style Chââârles ! » s’exclame Sophie. Ben j’aime bien. Surtout si elle me fait baver en le recommandant avec un petit risotto aux girolles.

Le millésime 2005 qui suit monte encore en puissance, mais celui qui me laisse baba c’est le Blanc des Millénaires, millésime 1995.

21 ans de cave, majorité absolue cher petit. Un nez plein de fraîcheur pourtant, avec des arômes complexes comme je les aime, et une bouche… tellement gourmande. D’ailleurs, selon Sophie, « l’association du siècle » ici, ce serait un Paris-Brest.

Why not. Mais ce champagne… c’est déjà un dessert en soi.

« Luxury is a remedy », nous lâchera notre hôte dans un clin d’œil avant de nous raccompagner.

C’est vrai qu’à voir nos sourires béats, on est tenté d’y voir un remède à la morosité hivernale. Champagne everybody !

Oh le joli graffiti d’époque !

Merci cher Thomas pour cette découverte. Et merci Sophie pour cet accueil tout en glamour et en bienveillance.


*Aujourd’hui, il y a en réalité 3 maisons Heidsieck, la 3ème étant Heidsieck Monopole qui appartient au groupe Vranken-Pommery. Assez loin de ses deux soeurs en termes d’image et de liens familiaux, mais qui a le droit d’être citée ici, pour être tout à fait exact 😉

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