Les Gascons sont là, ou l’initiation au Malbec #1

Un article un peu en retard… mais qui me permet d’introduire 2 billets ! Stay tuned 😉

A l’occasion d’un petit salon parisien fort sympathique au coeur de l’hiver, « Les Gascons sont là », sur la péniche Maxim’s à Paris, j’ai eu l’occasion de découvrir un cépage que je connais fort mal, le Malbec

Cépage typique de la Gascogne, et plus particulièrement de Cahors, il est dans le Sud-Ouest de la France souvent utilisé seul, sans assemblage. On le trouve aussi beaucoup en Amérique latine, et notamment en Argentine.

En fait, ayant choisi allemand première langue, l’Amérique latine me fait toujours l’effet d’une autre planète, exotique et pleine de mystères. And so does the Malbec. Quant à la vallée du Lot, la dernière fois que j’y suis allée, j’étais bien trop jeune pour boire de l’alcool. J’ai donc ouvert grand mes yeux et mes papilles au stand de Serge et Martine Costes, vignerons de Cahors

Mais, avant de me faire déguster, Martine a très gentiment répondu à mes questions sur leur parcours, à elle et son mari. Car si je venais les rencontrer, c’est en grande partie car je savais que ni l’un ni l’autre ne se destinait à devenir vigneron…

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Le stand de Martine Costes, et une nouvelle histoire de reconversion… et moi j’adore les histoires 🙂

Le couple habitait Clermont-Ferrand. Serge travaillait chez Michelin, Martine était comptable. Au début des années 1990, la question de la reprise du domaine de Cause, propriété des parents de Martine, se pose sérieusement. Le hic ? Tous deux ont bien envie de changement, mais ne connaissent rien aux métiers de la vigne.

Bravant toute rationalité, le couple se lance : Serge prend des cours du soir puis, une fois ses examens passés, ils posent tous deux leur démission. Avec leurs deux enfants, ils débarquent au domaine, et c’est alors au tour de Martine de reprendre les études, pour se familiariser avec le B-A-BA du métier de vigneron, et pouvoir rejoindre son mari dans le vignoble. Avec, au fond des yeux, comme une nostalgie de cette période à la fois folle et pleine de challenges, Martine me souligne la force de caractère nécessaire à une reconversion de cette nature. Ce n’est pas seulement un nouveau métier qu’il faut apprendre, c’est toute une vie qu’il faut reconstruire. 

Et, très vite, pour l’un comme pour l’autre, la prise de conscience que c’est tout un panel de compétences très diverses qu’il va falloir développer : travaux en extérieur donc, directement liés à la vigne, mais aussi soudure, mécanique, comptabilité, gestion des stocks, relationnel client, anglais, graphisme, marketing… Car quand on tient un domaine, il ne suffit pas de savoir faire du vin (ha ha) : il faut aussi savoir le vendre. De la conception de la charte graphique des étiquettes, du site Internet, à la communication auprès de cavistes, restaurateurs, particuliers, en passant par la vente directe au caveau ou en salons… sans oublier la part de l’export, indispensable, c’est 30 métiers en un !

Depuis maintenant 22 ans qu’ils ont repris le domaine, le couple a pu embaucher des employés, mais pendant les premières années, c’est à deux qu’il a fallu tout affronter.

Derrière sa volonté de me montrer la réalité de leur quotidien, je sens chez Martine une fierté de présenter son métier, une passion qui n’a l’air en rien altérée par le dur labeur. Et puis un fort pragmatisme : elle a conscience que le métier change, que la maîtrise de l’anglais et la possession de quelques notions marketing sont des atouts de taille, que bien sûr la médiatisation de leur cuvée La Lande 2009 (93 points sur 100 dans la sélection du « Wine Enthusiast ») a été un moment très important dans la consolidation de leur notoriété… Elle me parle aussi oenotourisme, projets…

Une belle rencontre, dans un cadre encore une fois insolite (dieu que la Seine était agitée ce jour-là ! Ça tangue une péniche !). La prochaine fois, on se voit au domaine* ?


Domaine de Cause

46700 Soturac

(Site Internet)


*A en croire les photos , un véritable petit coin de paradis !

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