En tête à tête avec Hervé Deschamps, chef de cave de Perrier-Jouët.

J’ai eu l’occasion, il y a peu, de déguster un millésime incroyable d’une grand maison bien connue. J’ai nommé : Perrier-Jouët.

Le millésime en question ? 1985.

32 ans la bestiole.

Pour ceux qui pensent encore que le champagne se sert à l’apéro ou, pire ! que c’est « réservé aux femmes » (sic) – et donc entendez par là qu’il ne s’agit pas d’un vin… – je vous invite à vous procurer l’une de ces quilles, comme on dit dans le milieu.

La couleur, le nez, la  bouche, TOUT vous surprendra. C’est bien simple, j’ai gardé mon verre à la main, même vide, encore très longtemps. Juste pour m’imprégner encore et encore de ces arômes si complexes et si envoûtants.

BREF. J’avais très envie, après une telle découverte, d’en savoir plus sur cette maison que je connaissais surtout pour sa belle campagne de pub sur les boulevards parisiens.

LA bouteille star de Perrier-Jouët, la cuvée « Belle Époque », avec ici le tout nouveau millésime bientôt disponible : le 2008. (Et oui, chez moi, les bouquets de fleurs servent de cale-porte)

Malheureusement, il s’agit d’une maison qui ne propose pas de visite « grand public ».

Heureusement, j’ai tenté ma chance, écrit un petit mail et ai eu la joie d’être invitée pour une visite privée. (#blogpower)

Le Château, ancienne demeure de la famille. Bientôt musée du champagne sur l’Avenue du même nom. #jeveuxbienunechambre

Et quand je dis privée, c’est privée. Tête à tête avec Monsieur Hervé Deschamps, chef de cave de la maison. Rien que ça.

T’as intérêt à savoir quoi dire. 1h de dégustation, pour découvrir l’ensemble de la gamme, parler vignoble et histoire, Art nouveau et salinité.

Mon coup de coeur ? Je dirais le Belle Epoque Rosé 2006, pour son côté très surprenant. Des notes d’orange sanguine, une texture crémeuse mais dynamique en bouche… Étonnant ! D’ailleurs, il aurait été le préféré de Grace Kelly 😉 (De gauche à droite : Grand Brut / Belle Epoque 2007 / Belle Epoque Blanc de Blancs 2004 / Blason Rosé / Belle Epoque Rosé 2006)

J’ai tout particulièrement apprécié le discours franc, sans langue de bois de Monsieur Deschamps. Très vite, j’ai senti que j’allais pouvoir poser mes questions et aborder des sujets parfois tabou en Champagne.

Oui, le métier de chef de cave, au premier abord, c’est de créer des champagnes. Mais c’est aussi de gérer la réalité : les quantités, les flux de ventes, la création d’un nouveau « produit » pour le marketing… et les aléas météo dans tout ça. Et quel plaisir, d’entendre et de voir la passion, toujours, derrière toutes ces choses que l’on n’a pas toujours envie de voir. Des yeux qui pétillent, la recherche du mot le plus juste pour qualifier ses millésimes préférés, des souvenirs qui font sourire… Après plus de 30 ans de maison, ça force l’admiration.

Bravo.

Et puis, après cette « introduction » au style de la maison, descente en cave !

Cette fois, c’est Sandrine qui m’accompagne, pour une promenade au sein du dédale des 10km souterrains.

Que d’émotions, toujours… Ces lieux ont été creusés au 18ème siècle, et portent tellement de traces du passé…

Au fil de notre promenade, nous croisons nombre de bouteilles (au total 11 millions dorment gentiment ici !) de toute taille, mais aussi beaucoup de graffiti, qui me laissent comme un goût de mystères non élucidés…

Mais la vraie belle surprise, ici, c’est la mise en place d’oeuvre contemporaine, issue des dernières Foires du Design de Miami.

« Phare », de Simon Heijdens. Carrément hypnotique.

Perrier-Jouët, inspirateur d’Eugène Gallé en 1902*, et aujourd’hui toujours mécène d’artistes proches de la nature et du mouvement Art déco, dont le travail trouve une résonance presque évidente en ces lieux magiques…

« Lost Time » de Glithero. Un miroir d’eau dans une galerie, un jeu de lumière et ces perles qui se reflètent… J’aurais pu rester des heures à contempler cette oeuvre.

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils savent recevoir, chez PJ.

Merci à Elsa, pour l’organisation de cette visite, et bien sûr à Hervé et Sandrine, pour ce beau moment partagé.


*célèbre pour avoir dessiné des anémones sur un magnum de la maison, de nos jours reproduites sur toutes les cuvées Belle Époque.

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